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Soupçons de maltraitance dans un élevage canin du Muy: jugement en délibéré


Article Publié Var Matin le lundi 15 janvier 2013
 
 

5 chiens avaient été saisis et la justice avait ordonné la cession forcée de 64 de ces animaux. Photo Dylan Meiffret

 

Si l'on en croit le rapport dressé le 13 mars dernier par la direction départementale de la protection des populations, l'élevage canin de Jalel Sdiri au Muy s'apparentait à un camp de concentration pour chiens.

Et s'il fallait en croire les témoins et les signalements de la SPA, cet éleveur de 49 ans était un trafiquant de chiens importés illicitement des pays de l'est.

Le portrait du prévenu s'est un peu nuancé, hier devant le tribunal correctionnel de Draguignan, qui a mis son jugement en délibéré au 18 février.

Installations non conformes

Trente gendarmes, accompagnés par la brigade nationale vétérinaire et la SPA avaient investi ce 13 mars l'élevage du Muy. C'était la conclusion d'une enquête préliminaire lancée dès janvier 2010 par le parquet de Draguignan, à la suite de dénonciations de nuisances, de maltraitance à animaux et de trafic de chiens.

Les 42 chiens n'avaient pas d'eau à boire. Les enclos ne comportaient pas de zone ombragée, les boxes étaient sales, les niches improvisées en parpaings ne comportaient ni litière ni couverture, certains chiens étaient excessivement maigres, d'autres couverts de tiques, il n'y avait pas de système de collecte des eaux usées et la nursery était jonchée d'excréments moisis.

L'album photographique réalisé à cette occasion montrait des installations et certains animaux dans un état pitoyable.

Pas de trafic

L'enquête a toutefois montré que plusieurs griefs faits à Jalel Sdiri étaient infondés. A commencer par le trafic de chiens. Selon lui, ces accusations étaient le fait d'éleveurs concurrents. Et si l'eau manquait ce jour-là dans les gamelles, c'est parce que la personne à laquelle il avait confié le soin de s'occuper de l'élevage, pendant qu'il se trouvait à un salon canin, avait eu un contretemps.

Parties civiles, trois associations de protection animale réclamaient 8 000 e en réparation de leur préjudice moral, outre 107 000 e pour la société protectrice des animaux, pour les frais de garde et d'entretien des 75 chiens saisis et placés dans ses centres.

Interdiction professionnelle

« Depuis, la justice a ordonné la cession forcée de 64 de ces chiens », a indiqué le procureur Mario Agneta. Il a également précisé que le second élevage que possède Jalel Sdiri au Luc était parfaitement conforme.

« Mais les constatations faites sur l'état sanitaire de ces chiens et la non-conformité du chenil sont aggravées par le fait qu'on est en présence d'un professionnel de l'élevage. »

Il a requis six mois de prison avec sursis, des amendes cumulées pour un montant de 6 400 e, ainsi que l'interdiction d'exercer cette activité professionnelle pendant cinq ans.

Maltraitance contestée

Le bâtonnier Michel Mas a dénoncé un procès en sorcellerie, déplorant que l'on n'ait pas jugé utile d'ouvrir une information judiciaire dans ce dossier, et que l'on se soit contenté des témoignages à charge des voisins, des concurrents et des associations.

« Sur les 75 chiens saisis, il n'y a eu de commentaires des services vétérinaires que pour 14 animaux. Les autres sont dans un état général correct. Tous sont sociables, ni apeurés ni agressifs, ce qui est la marque de la maltraitance. »

Me Mas a également regretté que l'on n'ait pas entendu les quatre vétérinaires travaillant avec l'éleveur, pas plus qu'aucun « des 162 acquéreurs de chiens pour savoir s'ils avaient à se plaindre ». Il a fourni des attestations des vétérinaires et de quelques acquéreurs.

« Pour moi, on a glissé dans ce dossier de la non-conformité des lieux à la maltraitance des chiens », a-t-il conclu en demandant la relaxe.

Le 4 mars 2013 par direction


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