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Viaduc écroulé à Gênes : «C’était impensable qu’on ne vienne pas aider»


Article publié Le Parisien le mercredi 15 août 2018

 

 

Dès la catastrophe connue, le pompier niçois Patrick Villardry (à droite) est venu avec trois jeunes volontaires pour porter son aide aux secouristes italiens. DR

 

Doté d’une grande expérience des catastrophes, le pompier niçois est venu épauler les secouristes italiens avec de jeunes collègues des Alpes-Maritimes

 

Toute la nuit, le raclement des excavatrices l’a disputé au hurlement des sirènes. À pied d’œuvre, des dizaines de « vigili del fuoco », les pompiers italiens, se sont relayés pour extraire les corps des victimes des milliers de mètres cubes de gravats produits par l’effondrement du Ponte Morandi.

Parmi eux : une poignée de Français. L’ULIS, l’Unité légère d’intervention et de secours, est une association basée dans le Var. A sa tête : Patrick Villardry, un solide gaillard doté d’un tout aussi solide CV en matière de catastrophes. Depuis le tremblement de terre de Mexico en 1985, il en a enchaîné 14, dont le séisme en Haïti, sans compter le tsunami et deux typhons. Alors, quand il a appris ce qu’il s’était passé à Gênes, à 200 km à peine de ses bases, il n’a pas hésité.

 

Des professionnels venus «à titre associatif»

 

« On a laissé le matériel lourd. On a mis 1h30, on a roulé comme des fous, explique-t-il. C’était impensable qu’on ne vienne pas aider. D’autant que ce pont, on le connaît tous. Moi-même, j’ai dû l’emprunter une vingtaine de fois. » Le fourgon est rouge et surmonté de gyrophares. Quant à ses trois collègues, trois jeunes sapeurs-pompiers des Alpes-Maritimes, ils ont « la tenue de travail, mais sans les écussons, explique Florian, 19 ans. On est là à titre associatif. » Tout en restant des professionnels.

Sitôt sur place, l’équipe a engagé ses deux chiens Malinois, Arko et Missile. « On a travaillé d’abord une vingtaine de minutes, décrit Patrick Villardry. Puis un premier véhicule a été identifié, avec un enfant décédé à l’intérieur. » « C’est vraiment apocalyptique…, souffle Pierre, l’un de ces bénévoles. Même entraîné, cela reste délicat et triste à voir. » « J’avais encore jamais fait quelque chose d’une telle ampleur, reconnaît Florian, à peine deux ans de carrière derrière lui. C’est impressionnant. »

 

Italie : un pont s’effondre à Gênes, plusieurs morts

 

«C’est atroce»

 

« La hauteur, surtout, complète Patrick. Quand vous êtes en bas, et que vous regardez les restes du pont, cinquante mètres au-dessus de vous, vous ne pouvez pas vous empêcher d’imaginer ce qu’ont ressenti les victimes. Elles ont dû se voir mourir. C’est atroce. » Aux pieds des amas de débris, dont ces deux presque collines formées par les restes des piles du pont, les carcasses des véhicules pris au piège semblent microscopiques. La remorque d’un poids lourd précipité dans le vide, et pourtant fichée à la verticale, donne l’échelle de ce qu’était auparavant ce viaduc emblématique de Gênes.

 

 

En début de nuit, alors que le site était éclairé comme en plein jour par de puissants projecteurs, on distinguait nettement les voitures venues s’écraser dans le lit, à sec, de la rivière Polcevera, qu’enjambait jusque-là l’ouvrage d’art. Sur la portion intacte du pont, à quelques mètres seulement du précipice, un poids lourd est toujours en place, qui a pu freiner miraculeusement. « Lui, il peut aller brûler un cierge à Lourdes », lâche Patrick Villardry.

De l’avis de tous les sauveteurs présents sur place, l’espoir de retrouver des survivants est infime, voire nul. Dans la nuit de mardi à mercredi, ce sont trois nouveaux corps qui ont été exhumés des décombres, vers trois heures du matin. Au même moment ou presque, une grue de plusieurs dizaines de mètres était amenée sur zone.

 

 

Au pied du viaduc effondré, au lendemain de la catastrophe./DR

 

« Plus que du secours, on est maintenant dans le gros œuvre, analyse Patrick Villardry. Au fil de la nuit, le visage du site a complètement changé. Celui de ce mercredi matin n’est plus celui d’hier soir. » Les pompiers italiens possèdent une culture de la recherche de victimes forgée au gré des très nombreux tremblements de terre qui secouent régulièrement la péninsule. « Ils avancent à une vitesse remarquable », appuie leur homologue français.

 

Conscients qu’ils ne pourraient rien apporter de plus, les membres de l’ULIS s’apprêtaient à reprendre la route ce mercredi après-midi.

 

Source Le Parisien :

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