Société de défense des animaux, Nice, (SDA) site officiel

Navigation


Imprimer cette page

News

À Saint-Augustin, les chats continuent de disparaître


Article Publié Nice Matin le Samedi 09 juin 2012

 

Nelly Hof avec l'un de ses protégés. Sa pension passe intégralement dans l'achat de croquettes et de pâtée.Frantz Bouton

 

Sur les murs lépreux, la tapisserie est lardée de coups de griffes. Les pieds des meubles sont lacérés. Nelly Hof hausse les épaules : « Quelle importance ? De toute façon, je n'ai pas d'argent pour les remplacer… »


Cette sexagénaire est une « nourriceuse » - une femme qui consacre sa vie et ses maigres ressources au bien-être des chats.

 

Chaque matin avant l'aube, puis chaque soir à la tombée du jour, elle descend ses cinq étages avec ses gamelles, ses 9 kg de pâtée et ses 4 kg de croquettes. Une soixantaine de minous l'attend dans les rues de Saint-Augustin.

 

« Je les connais tous,explique-t-elle.Chacun a son petit nom. Alors vous vous doutez bien que, lorsque l'un d'eux disparaît, je m'en aperçois tout de suite. »


« Un type au regard haineux m'a bousculée »


Sa voix se noue. D'un geste, Nelly désigne une cloison couverte de photos. « Ce sont les chats qui se sont volatilisés ou qui ont été massacrés. Parce que j'en ai retrouvé certains dans des sacs en plastique ! Bien en évidence… »


Le phénomène n'est pas nouveau.


«Ça se produit toujours par vagues, précise-t-elle. Il y a deux ans, une dizaine de chats a été empoisonnée. Puis de nouveau l'été 2011(1). Le mois dernier, j'en ai encore perdu une dizaine ! »

Des trafics de peau ? Elle n'y croit pas. « Le souci, c'est la prolifération,assure-t-elle.Les gens en ont marre de voir des chats partout. Pourquoi croyez-vous que je les nourris tôt le matin et tard le soir ? Pour croiser le moins de monde possible ! Je suis régulièrement insultée dans la rue. On m'a souvent balancé mes gamelles au visage. À Pâques, un grand type au regard haineux m'a bousculée. »


Vingt chatons par an

 

Le problème de la prolifération est connu. Patrick Villardry, président de la Société de défense des animaux (SDA), estimait récemment que « 25 000 chats à Nice, c'est beaucoup trop. Demain, il y en aura peut-être le double et ce sera une véritable catastrophe !(2) »


Andrée Alziari-Nègre, adjointe déléguée à la protection animale, assurait de son côté que les campagnes de stérilisation, interrompues depuis juin 2011, allaient reprendre avec un budget de 120 000 e sur quatre ans.

 

Nelly Hof se demande s'il n'est pas déjà trop tard.« Qui va se charger d'attraper les chats pour les conduire chez le vétérinaire ? Les associations sont débordées ! Quand on sait qu'une chatte peut avoir vingt chatons par an… »


La retraitée soupire. Elle, quoi qu'il arrive, sera fidèle au poste. Avec ses croquettes et sa pâtée - « tant qu'il me restera un souffle de vie. »


Lionel Paoli

Le 9 juin 2012 par direction


© Copyright 2010-2017 - SDA Nice    Webmaster : sdanice@free.fr